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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:02

Et surtout à la précarité dans le travail. Pour plus tard, pour le jour où j’aurais oublié le privilège que c’est d’être en CDI, pour le jour où je me plaindrais pour rien.

Souviens-toi de cet écœurement à entendre les gens parler de leurs congés payés, parce que toi tu n’en as pas posé depuis trois ans et que ça te révolte tellement que tu as envie de leur crier de fermer leur gueules, que c’est INDÉCENT de parler de congés payés devant toi, ils devraient avoir la pudeur de ne pas étaler leurs privilèges sous ton nez.

Souviens-toi de Lulu et de Lætitia qui disaient que l’intérim c’était mieux que un CDI parce que tu touches tes congés payés et en plus quand tu ne travailles pas, pôle emploi prend le relais, que ce raisonnement de merde te donne envie de gerber parce que c’est typiquement la logique des personnes qui n’ont aucune idée de ce qu’est la précarité. Je donnerais toutes mes primes pour ne pas avoir la peur de ne pas pouvoir payer mon loyer le mois prochain parce que mon contrat ne serait pas renouvelé. Qui peut dire que c’est une chance de devoir épargner sur chacune de ses payes pour pouvoir prendre des vacances sans se mettre dans les ennuis financiers, puis réaliser que, en fait, cette épargne, elle fini par juste te servir à survivre les mois où t’as pas de contrat, parce que les allocations chômage, c’est pas le jackpot, c’est juste un peu plus de la moitié de ce que tu touches en bossant et il y a mille et une raison pour lesquelles ces allocations peuvent être suspendues.

Souviens-toi de 2015, de quand tu as arrêté d’acheter du maquillage, de la laque, du démêlant et d’aller chez le coiffeur et l’esthéticienne parce que c’était devenu un luxe.

Souvient-toi de comment tu t’es retrouvée à payer des frais d’huissier sur une putain de facture du labo pour ta biopsie parce que tu ne pouvais même plus avancer tes frais de santé.

Souviens-toi des 300 euros de frais bancaires par mois.

Souviens-toi du bref moment où tu t’es sentie bien, le jour où Sandra de la BPL t’as demandé de passer pour l’aider. Comme tu te sentais bien dans ces bureaux, à faire quelque chose que tu aimes, pour lequel on a besoin de toi, avec des gens que tu apprécies, et souviens toi comme ce sentiment s’est évanoui, parce que non, tu ne travailles plus là.

Souviens-toi de ce poste à Marly que tu as décliné parce qu’on veut te faire commencer début septembre, mais que la BPL t’a dit qu’ils vont te rappeler début septembre, et que tu y crois, que tu te sens engagée envers eux.

Souviens-toi de comment tu as été dupée quand Marilyn t’a fait revenir à la Spie. Comment tu y a cru à ce contrat de mission qui te sauverait des emmerdes de fric. Souviens-toi comment Marilyn t’as mise sur la touche pour mettre en avant Isa, comment le fruit de ton travail est devenu le « tableau d’Isa ».

Souviens-toi de l’état de nerfs dans lequel tu étais quand tu es revenu voir Juju pour les places de kinépolis, que tu n’as pas pu aller dans l’open-space dire bonjour à Gégé parce que tu n’aurais pas contrôler ta réaction face à Marilyn, les boules que tu avais que Petit Poulet doive saisir lui-même ses demandes de rdv BYT sur ton poste, resté en place après ton départ, parce que Isa n’avait pas pris le relai, qu'elle n’avait pas pris la peine de faire installer l’accès BYT sur son poste à elle.

Souviens-toi de ce que c’était ce sentiment « d’avoir un métier » quand tu parlais télécoms avec Fabien et qu’on t’a retiré ce sentiment presque du jour au lendemain.

Souviens-toi de ce que c’est de passer tes matinées à trier des mails d’annonces d’offre d’emploi et de ne rien trouver de sérieux : que des missions d’intérim, des CDD.

Souviens-toi de ce que c’est que de ne pas avoir de bureau à toi, de n’être qu’une externe, « invitée » qui fait attention à ne pas déranger les affaires de la personne qu’elle remplace.

Souviens-toi de ce que c’est de voir ces gens qui travaillent en CDI et qui sont moins qualifiés, moins motivés, moins impliqués que toi, intérimaire.

Souviens-toi du « On te rappellera » de Lætitia le vendredi 19 décembre 2014.

Souviens-toi de la honte que ça soit Damien qui remplisse ton frigo alors qu’il avait encore son appartement à Yutz.

Souviens-toi de cet après-midi d’anniversaire passée à angoisser en essayant de trouver le moment où tu aurais le courage de demander de l’argent aux parents parce que ton banquier te menace d'envoyer ton dossier au contentieux.

Souviens-toi comme le non-renouvellement de ton contrat à la Spie t’a fait tomber malade.

Aujourd’hui, je sais que je suis embauchée, cela changera ma vie, un énorme changement. Cela me donnerait un accès à l’épanouissement, rien que ça, oui ! Cela ne durera peut-être pas, mais je compte bien profiter de cette opportunité pour guérir, pour mettre de l’argent de côté, pour faire des voyages et des cadeaux à ceux que j'aime.

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 22:32

Parce qu'en commentaires, il y quelques mois, on me demandait ce que je devenais voilà un petit topo.

J’essaye de trouver les mots pour décrire ce que je ressens. Il y a de l’angoisse. Mais il y a de la colère aussi je pense. De l’aigreur. De la culpabilité. L’angoisse, c’est celle de ne jamais réussir à m’en sortir, de n’avoir jamais droit à une vie stable. La tristesse de devoir se résoudre, se résigner à l’idée que je ne fonderai pas un foyer dans les conditions matérielles que j’espérai, que j’attendais depuis si longtemps et pour lesquelles j’ai fait tant d’effort, tant de sacrifices, pour lesquelles j’ai tant travaillé, tant donné. En échange de tout ce travail, de ces sacrifices, de ces efforts, je n’attendais qu’une chose : un travail stable, un travail qui me corresponde dans le sens où il me permettrai de trouver un équilibre entre ma vie pro et ma vie familiale. Je pense que cette résignation je n’y suis pas prête. Après avoir renoncé à pas mal de choses, je ne pense pas qu’il sera possible de renoncer à ça sans perde la raison.

Comment j’en suis arrivée là ? Cette malheureuse décision de démissionner d'une mission d'intérim A pour une autre (appelons la mission B). Croire que j’allais pouvoir utiliser les règles de l’intérim à mon avantage pour travailler quelques jours de plus dans l’année pfff... Si l’intérim c’est embaucher les gens puis les mettre dehors sans formalités, naturellement je dirais, alors pourquoi je ne pourrais pas entrer dans une entreprise et la quitter aussi facilement qu’on m’a foutue dehors auparavant. Et bien non, les règles ne sont pas égalitaires. Je quitte la mission A et je me retrouve 4 mois sans chômage. Ce chômage que je croyais être le filet de sécurité entre deux missions. Ce chômage dont je pensais qu’il me permettrait de rebondir après la mission B… Alors des entreprises ont le droit de me dire : « dans 3 jours, ton travail est fini. Après un an et demi à travailler pour nous, on te met dehors deux semaines avant la fin de ton contrat, à une période de l’année où il te sera impossible de retrouver du travail avant trois semaines (fête de fin d'année)» Ils ont le droit. Et moi, je veux dire à une entreprise : « je quitte votre mission de 5 semaines pour une mission de 10 semaines parce que je veux gagner un salaire pas seulement ce mois-ci mais les deux suivants aussi » je n’ai pas le droit. Si je dis ça, on me punit en supprimant mes assedics 4 mois. On me met dans la situation où je dois emprunter de l’argent à mes parents, oublier mon indépendance pour vivre aux crochets de mon homme, lécher les bottes de mon banquier, m’excuser auprès de mon proprio pour les retards de loyer, payer des centaines d’euros de frais bancaires. Et quand je pense que c’est fini, une fois que Pôle Emploi me trouve assez active dans mes démarches de recherche d’emploi, que mes assedics me sont de nouveau versées, et bien les dettes sont là. Elles sont toujours là. Et en plus on me réclame des impôts, des trop-perçus, des régul de factures. Échéanciers, délai de paiement, mensualités, remboursements, découvert autorisé dépassé, agios, rejet de prélèvements. Insomnies, crises de larmes, colères, perte d’appétit.

Pour ceux qui voudrait l'histoire en entier, là voilà :

Dans mon précédent article, je parlais de la Spie. J'y suis restée jusqu'en décembre 2014. Je m'y suis épanouie comme jamais avant au travail. Mon contrat n'a pas été renouvelé fin 2014 à cause d'une grosse baisse de l'activité du département dans lequel je travaillais. J'ai mal vécu ce départ.

Je pensais mettre peu de temps à retrouver du travail. Je me suis trompée. Après 4 mois à la maison, j'ai décroché deux missions d'intérim à une semaine d'intervalle! La suite est là : http://www.recours-radiation.fr/observatoire_pole_emploi/topic9428.html

Quelques jours après le dépôt de mon dossier pour l'IPR, la Spie me rappelait : soit-disant qu'il y avait du travail pour plusieurs mois. J'étais tellement heureuse de retourner travailler là bas en plus de voir la possibilité de sortir ENFIN de mes soucis financiers...On m'a fait miroiter que j'allais aider l'équipe sur toute la durée d'un projet (1 à 2 ans). J'ai été drôlement déçue puisqu'on ne m'a gardée qu'un mois. J'ai en fait servie de bouche-trou en attendant qu'une autre personne puisse intégrer son poste.

Alors j'aurais préféré pouvoir partager avec vous, lecteurs, de bonnes nouvelles, de l'espoir...je ne peux malheureusement que vous donner à lire mon aigreur, mes doutes, mon dépit.

Je me questionne depuis quelques temps sur le fait d'être inadaptée, de l'intérêt d'essayer de trouver ma place dans un monde du travail qui n'en a peut être tout simplement pas pour moi. Heureusement, je suis entourée d'amies et de ma famille. Ils m'aident à soigner mon moral. J'espère de tout cœur pouvoir revenir ici dans quelques mois écrire que j'ai retrouvé du travail et que je n'ai plu de dettes.

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 11:15

Je travaille depuis 4 mois en intérim à la Spie. Tout s'y passe très bien, et j'ai eu la semaine dernière une très bonne nouvelle : mon contrat sera prolongé de 6 mois.

Maintenant que j'ai déménagé pour un appartement beaucoup plus grand et que je suis assez bien dans mon boulot pour ne pas passer mes week-end a récupérer du stress de la semaine, je profite de mon bonheur.

Je sais maintenant que je n'ai pas fait tous ces efforts et ces sacrifices lors de ma reconversion pour rien, la situation stable et confortable que j’espérais est là. Enfin.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 06:23

J'écris cet article en écho à celui que j'avais publié il y a deux ans sur mes raisons de quitter l'éducation nationale. J'ai eu envie de l'écrire en allant lire quelques messages sur le forum "Quitter l'enseignement" dont un des sujets renvoie sur ce blog, et aussi parce que récemment, j'ai renoué avec des amies de la fac perdues de vues depuis plusieurs années, et qu'elles sont restées dans l'éducation nationale.

 

Nos trajectoires professionnelles ne sont pas comparables, mais en parlant boulot avec elles, ça m'a fait repenser à cette époque, qui me semble lointaine, où j'ai choisi de faire une croix définitive sur l'enseignement. Et depuis, je n'ai jamais eu le moindre regret, bien au contraire! À chaque occasion que j'ai eu de repenser à cette décision, j'ai toujours constaté que les évènements me donnaient raison.

 

Ayant suivie ma formation au BTS dans un collège, on aurait pu croire que ça allait me rappeller tellement de souvenir que j'en aurais du vague à l'âme. Et bien ce fut tout le contraire. Il m'est arrivé d'avoir quelques "flashback", comme ce jour où je descendais les escaliers déserts pour aller chercher quelque chose dans ma voiture. À cet instant, je me suis revue au collège où j'enseignais 4 ans auparavant : même lumière, mêmes sons, mêmes odeurs. Et puis immédiatement, je me suis demandée pourquoi ce souvenir ne me revenais qu'après plusieurs mois, alors que j'avais déjà monté et descendu ces escaliers des dizaines de fois. En fait, c'était la première fois que je prenais ces escaliers seule. Cela me rappellais mon ancien lieu de travail parce que j'y étais seule. J'ai réalisé à posteriori à quel point ma solitude était grande quand j'étais prof.

 

De plus, maintenant que je peux comparer le monde de l'entreprise à celui de l'éducation nationale, je peux affirmer que, même si tout n'est pas rose, je m'y sens beaucoup mieux. Entre autres parce que j'y rencontre des gens de tous horizons, et c'est enrichissant. L'éducation nationale m'apparaît commme un univers assez replié sur lui-même, peuplé de prof mariés aves d'autres profs, eux-mêmes enfants de profs.

 

Aujourd'hui, mes amies sont dans des situations précaires, soit parce qu'arrivée à la limite des renouvellements d'un CDD, soit parce que suspendue à un coup de fil du rectorat pour travailler à la prochaine rentrée. Paradoxalement, même en faisant de l'interim, je me sens plus en sécurité professionnellement parlant car je sais que si un employeur ne me donne pas de contrat, j'ai des centaines d'autres possibilités... Et en plus avec des avantages sociaux qui sont au dessus de ce qui se fait dans le public!

 

Après deux années d'efforts, j'ai aujourd'hui une situation qui me permet d'envisager de fonder un foyer sereinement, et c'était mon objectif principal depuis le début. J'essaye de profiter au maximum de ce bonheur bien mérité.

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 08:58

J'ai envie de completer l'article précédent, pour parler surtout des changements sur ma vie personnelle lié à mon nouveau niveau de vie. Certes, je ne suis pas devenue très riche, mais je me retrouve aujourd'hui avec un revenu mensuel qui tourne autour du smic, certains mois un peu plus, d'autres un peu moins. Cela me permet de laisser derrière moi de vieilles habitudes de galèrienne, qui n'étaient pas faciles à quitter au début, tellement elles étaient ancrées en moi depuis des années.

 

Le premier changement majeur est dans mon alimentation :

- je n'ai plus à attendre d'aller déjeuner chez mes parents pour manger de la viande, j'en mange chez moi plusieurs fois par semaine : du poulet, de la dinde, du boeuf, des côtellettes, des saucisses, tout ça tout ça ;

- je mange beaucoup plus de légumes et de fruits frais. Je ressens un mélange de fierté et d'excitation quand je sors du rayon fruits et légumes les bras pleins de carottes, salades, pommes, fraises, tomates, abricots, melon, radis, courgettes, pêches, etc...;

- pour manger sur mon lieu de travail, je peux manger autre chose que des sachets de riz au micro-ondes. Je mange des salades, des pâtés en croutes, des sandwich de la boulangerie...

 

Le second changement majeur est dans mes loisirs :

- pour la première fois de notre vie, mon homme et moi sommes partis en vacances en amoureux. Avant cela, nous avions déjà fait des voyages, mais c'était toujours soit pour aller dans la famille, soit pour faire un marathon de visites de musées et d'expos d'art en vue de préparer mes concours ;

- je vais au cinéma plus de deux fois par an, je vais voir tous les films qui me font envie ; 

- je m'achète plein de livres, encore plus qu'avant!

 

Toutes ces petites choses me récompensent de tous les efforts faits pour me reconvertir. Même si je n'ai pas encore signé de CDI, ma vie a assez changé pour que je me sente confiante en l'avenir. Elles sont aussi la confirmation que j'ai fait les bons choix.

 

Avec du recul, je me rend compte que les deux choix les plus importants ont été de faire un bilan de compétences approfondi et le choix du BTS AG.

 

Mon BCA m'a permis de trouver ma voie, un métier qui corresponde à ma personnalité et qui m'assure du travail. Je me suis rendue compte dernièrement que d'avoir un métier que je peux exercer dans tous les domaines d'activités (BTP, industrie, services, informatique) est à double tranchant. Certes j'ai plus de chances de trouver du travail quelque soit la conjoncture, mais à chaque nouvelle prise de poste, il faut tout réapprendre. Les façons de faire, les codes vestimentaires (du survet' au tailleur, j'ai tout vu),  les codes informels de la vie en entreprise (les pots, les déjeuners, les plus ou moins bonnes relations entre services), les relations avec les superieurs (tutoyer/vouvoyer?, ceux qui ne sont jamais là VS ceux à qui il faut rendre compte de la moindre chose), les clients (des particuliers/des pros/ et même parfois des usagers puisque j'ai brievement travaillé dans le public) etc... C'est à chaque fois assez fatiguant.

 

La formation au BTS  m'a permise de faire 3 mois de stage, ce qui est très bien venu sur mon CV. Le fait que je fasse cette formation en seulement 10 mois n' a pas eu l'air d'impressionner les recruteurs, mais j'ai un diplôme reconnu. Ce que je voulais absolument éviter, c'est de me retrouver avec un diplôme inconnu des recruteurs. C'est ce qui était arrivé à mon homme quand il est sorti de l'AFPA. En entretien d'embauche, il fallait qu'il explique ce qu'était l'AFPA aux recruteurs ignares et qu'il assure que c'était bien un vrai diplôme qu'il avait obtenu. Avec le BTS AG, je suis bien plus tranquille.

 

Aujourd'hui, le seul soucis que j'ai, c'est de trouver un appartement plus grand, et même si je ne vie pas en région parisienne, mon dossier de candidature pour l'appartement de nos rêves a été refusé parce que nous ne somme pas en CDI (malgré les garants). La quête continue donc.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:22

Dans le dernier article, je parlais du sentiment d'avoir gagné la guerre de ma reconversion et de mon incompréhension devant la réaction aussi soudaine qu'inattendue des recruteurs. Il y a du nouveau.

 

J'ai découvert récemment un sentiment tout neuf, une forme de sérénité. Elle vient du fait que je sais que j'ai un revenu de plus de 1000 euros assuré pour les sept prochains mois. J'ai trente ans et je n'avais jamais vécu cela avant. Ce n'est pourtant pas grand chose, puisque je suis simplement au chômage, mais de pouvoir me projeter aussi loin dans l'avenir sans angoisse ni incertitude, c'est quelque chose que je découvre. Je me sens comme privilégiée, sur un petit nuage. J'imagine à peine l'état d'euphorie dans lequel je serai le jour où je signerai un CDI!

 

Pour le moment, je suis au chômage donc, des problèmes de santé m'empêchant de me remettre à la recherche d'un travail. Avant ma convalescence, j'ai eu l'occasion de parler avec d'autres intérimaires de la boîte où j'ai fait ma dernière mission du changement d'attitude des recruteurs après mon expérience au Luxembourg. En fait, aller travailler à une heure en voiture de chez moi, faire des semaines de quarante heures pour un job même pas intéressant, c'est la preuve que je suis courageuse et travailleuse. Je n'y pensais pas puisque cela me semblait normal. 

 

Les conversations avec les collègues m'ont permises de faire le point sur mon salaire aussi. En comparant mes différents salaires et en prenant en compte les avantages comme les 13ème mois ou les tickets resto, et en prenant en compte les frais comme l'essence, c'est en France que j'ai eu jusqu'ici le meilleur salaire! Et pour vingt heures de travail mensuel de moins qu'au Luxembourg! N'étant pas mariée et n'ayant pas d'enfant, je n'ai bénéficié d'aucun des avantages du Luxembourg, alors qu'en France, j'avais des tickets resto et des primes qui arrondissaient très bien les fins de mois. Ma décision est donc prise : je ne cherche plus à travailler au Luxembourg pour le moment.

 

J'ai encore un peu de mal à réaliser que moins d'un an après mon BTS, j'ai enfin un avenir serein devant moi.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 08:46

1035 jours, soit 34.5 mois, soit 2 ans et 10 mois et demi depuis ces résultats du CAPES.

 

1035 jours et je me sens enfin lancée pour de bon dans la vie professionnelle. Je sens que mon CV est assez complet pour qu'on me propose du travail sans que j'ai à supplier les recruteurs.

Les chiffres le prouvent :

en 2012, entre juin et octobre, j'ai envoyé ou déposé 87 candidatures. Je suis allée démarcher une vingtaine d'agences d'intérim en personne, certaines deux ou trois fois. Je me suis inscrite sur une vingtaine de CVthèques en ligne.

Résultats :

- un entretien en juillet dont j'ai appris en décembre après des mois de relances par mail, que c'était un entretien prospectif, qu'il n'y avait pas de poste à pourvoir (et oui! il n'y a pas que les cabinets de recrutements qui ont cette pratique, de grande entreprise aussi);

- un entretien avec un cabinet de recrutement qui n'a abouti que sur une grosse frustration, puisque l'entreprise a annulé l'entretien la veille au soir ;

- un entretien dans une PME où j'ai été reçue comme un chien dans un jeu de quille, toujours sans réponse à ce jour malgré mes relances téléphoniques ;

- et enfin, l'entretien qui m'a sauvé de désespoir, celui chez Randstad. Il m'a menée vers la mission de trois mois chez Sage ;

- en janvier 2013, c'est une candidature envoyée en octobre qui m'a permise d'obtenir un entretien au Luxembourg, entretien qui a débouché sur le CDD que je viens de finir.

 

En 2013, entre fin mars et début avril, soit environ 3 semaines, j'ai envoyé 10 candidatures et relancer une agence d'intérim. J'ai mis à jour mon CV sur deux ou trois CVthèques.

Résultat :

- sollicitation par quatre agences d'intérim chez qui je n'avais pas déposé de CV. J'ai du en refuser deux car mon CDD n'était pas encore fini quand la mission devait commencer.

- Ces sollicitations ont débouchés sur 5 entretiens, tous cette semaine. Ce qui fait qu'en une semaine, j'ai passé plus d'entretien qu'en 2012. Le dernier entretien que j'ai passé à abouti sur une proposition de contrat de mission qui commence demain.

 

Il se sera donc écoulé moins de deux semaines entre la fin de mon CDD et ma nouvelle mission. Je n'en reviens toujours pas.

 

Je me souviens de ces longues semaines sans une seule réponse à mes candidatures et de la rengaine "c'est très calme en ce moment" des agences d'intérim. Maintenant, tout cela parait loin de moi, je me retrouve même à aller travailler alors que j'aurais voulu souffler encore un peu après une experience éprouvante. En tout cas, je suis assez confiante pour ce qui est de trouver un travail dans un avenir proche, je suis rassurée.

 

Mais pourquoi? Oui, j'aimerais savoir pourquoi les recruteurs faisait les morts quand je leur écrivais en 2012, et d'un coup, c'est eux qui viennent me chercher? Mon CV n'a pas radicalement changé, il n'y a que 5 mois d'expérience en plus. Est-ce que c'est parce que j'ai travaillé au Luxembourg? Mais l'un des recruteurs qui m'a reçu cette semaine ne savait même pas que Dudelange, où j'ai travaillé deux mois, se situait au Luxembourg!

Pourquoi je puais le fioul en 2012 et pourquoi on m'appelle maintenant?

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 14:27

La collecte de fond est terminée mais malheureusement, le montant minimum qui aurait permis la fabrication du jeu n'a pas été atteint.

 

On ne baisse toutefois pas les bras car sur les différents salons où Gilles a présenté le jeu, il a eu beaucoup de succès. Le problème vient visiblement du fait que le public n'est pas habitué au crowdfunding. 

 

Alors Gilles est en train de passer en revue toutes les options qui s'offrent  à lui pour trouver l'argent qui lui manque (business angel, banque, subventions, sponsors...).

 

Vous pouvez toujours suivre l'évolution du projet sur la page Facebook des Éditions Fantasy.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 11:46

 

 

On n'imagine pas toute l'histoire qu'il y a derrière ce jeu de société :

 

 

Cette vidéo a été tournée avec le prototype du premier jeu de société créé par mon homme.

 

Je vis avec lui depuis plus de 10 ans et les leçons qu'il a tirées de son parcours professionnel chaotique m'ont permises d'éviter de nombreuses embûches :

-ne pas viser un secteur d'activité instable

-ne pas passer de temps à regretter le temps perdu 

-ne pas avoir peur du changement car on est tous capable de réussir dans différents métiers au cours de sa vie.

 

Si je vous en parle aujourd'hui sur ce blog, c'est parce que la dernière étape de son projet professionnel dépend de vous!

 

Pour réaliser son rêve, nous avons besoin des contributions des personnes qui soutiennent l'édition du premier jeu : Dice Seadog.

Chaque participation financière sera récompensée!

Pour tout connaître sur le jeu et participer à son financement, vous pouvez vous rendre sur la page internet du projet :

Dice Seadog sur IndieGogo

 

Pour ceux qui ont le temps pour la lecture de ce très long article, voilà en résumé les rebondissements de son parcours professionnel :

 

Il n'a pas eu son bac et s'est alors tourné vers l'AFPA d'Amiens, où il a obtenu un BTS informatique de gestion, spécialisé dans la création de site web. Il est entré en formation en pleine bulle internet, en 2000. Tous les stagiaires de la promo précédente avait trouvé un travail à la fin de leur formation. Il est sorti de l'AFPA fin septembre 2001, la bulle internet avait éclaté et les tours du Worle Trade Center s'étaient effondrées : il n'y avait plus aucune perspective d'embauche. Grâce à un ami, il a tout de même décroché un CDD d'un mois dans un supermarché en tant que vendeur au rayon informatique. S'en sont suivi de longs mois de chômage, qui se sont transformés en années de RMI.

 

Faisant le constat qu'il ne serait plus possible de travailler dans le domaine du développement informatique, ses connaissances étant périmées, il a cherché d'autres pistes.

 

Et puis il y a eu cette formation d'aide à la recherche d'emploi où il a rencontré une formatrice qui l'a poussé à répondre à une annonce pour un poste en CDD auquel il n'aurait jamais pensé postuler : donner des cours d'informatique à des élèves de maternelle et de primaire et également assurer l'accueil péri-scolaire. Il a vaincu les résistances de la mairie qui proposait le poste (la mairie voulait quelqu'un qui ai le BAFA. Ah! L'amour des recruteurs français pour les diplômes...) en faisant une EMT. Il a de suite assuré, et le travail lui a beaucoup plu. Malheureusement, il ne s'agissait que du remplacement d'un congé maternité.

 

Cela n'a pas duré, mais lui a permis de rencontrer un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) et le travail d'AVS lui a semblé être fait pour lui. Une fois de nouveau au chômage, il a fait des pieds et des mains à l'inspection académique pour avoir un poste d'AVS. Il a débuté son contrat d'AVS en 2007. Les contrats d'AVS sont des contrats très particuliers, mais je n'ai pas envie de m'attarder là dessus. Mon homme travaillait à 80% de 35h, soit environ 850€/mois à ses débuts. Les deux premières années, en lycée, se sont très bien passées, il a changé d'affectation en 2009 pour aller en école primaire, où il y avait une bonne ambiance.

 

D'année en année, au printemps, se reposait la question du renouvellement du CDD, et avec elle le problème de savoir ce qu'il ferait une fois les 6 années écoulées.

D'aussi loin que je le connais, il a toujours parlé de devenir un jour son propre patron. C'était finalement la meilleure chose à faire après son contrat d'AVS : il aurait droit au chômage le temps que l'entreprise devienne rentable. Une fois ce choix fait, il fallait trouver quelle entreprise créer.

 

Le fil rouge de toutes ces années de précarité était les jeux de société : ceux qu'il amenait aux enfants du peri-scolaire pour jouer après les devoirs, ceux qu'il apportait à l'école primaire pour jouer avec les collègues professeurs des écoles entre midi... Alors qu'il travaillait encore en tant qu'AVS, il a commencé à jeter les bases de son projet d'édition de jeux de société. Le fait d'avoir déjà un emploi lui a permis de prendre tout le temps nécessaire à la réflexion.

 

En 2011, ces conditions de travail se sont nettement détériorées : l'enfant qu'il suivait depuis plus de 2 ans a déménagé et il a été muté en cours d'année en collège. Dans ce collègue, l'ambiance était tendue et il se sentait mal à l'aise. Début 2012, le collégien a quitté le collège et mon homme a changé d'affectation pour la troisième fois depuis le début de l'année scolaire. Il travaillait alors la moitié de la semaine dans une école primaire et l'autre moitié dans un école maternelle.

Son asthme lui a valu de choper tous les virus des petits et ses arrêts maladies ont déplu à une directrice d'école.Cette dernière a décidé de ne plus lui adresser la parole. Ajoutez à cela le travail avec une institutrice démotivée et à quelques mois de la retraite, tous ces évènements ont permis à mon homme de trouver toute la motivation nécessaire pour se lancer pour de bon dans la création de son entreprise. À la fin de cette année scolaire difficile, il se sentait lessivé moralement par son travail d'AVS et prêt à devenir entrepreneur. C'est pourquoi il a choisi de ne pas poursuivre jusqu'à la fin des 6 ans de CDD auxquels il avait droit.

 

Au cours de l'été 2012, il a peaufiné le premier jeu de société qu'il a créé, et en décembre, il a signé dans une couveuse d'entreprise.Les Éditions Fantasy étaient nées! Si il arrive à réunir 8000€ d'ici le 1er avril 2013 (ce n'est pas un poisson) il pourra édité son premier jeu et lancer son activité.

 

Je compte sur vous ;)

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:07

Ces trois mois sont très vite passés pour moi!

 

En relisant mon précédent article, je me suis un peu remémoré dans quelle situation j'étais en octobre. Aujourd'hui, ma vie est beaucoup plus sereine : je n'ai plus de problème d'argent, j'ai presque remboursé toutes mes dettes. Je cherche un apartement plus grand. Tous les jours de la semaine, je vais retrouver des collègues et des clients sympathiques pour travailler.

 

La tête froide, j'ai pu faire le point sur ce qui n'allait pas dans ma recherche d'emploi et je me suis rendue compte que je perdais beaucoup trop de temps à répondre à des annonces. Mes CV et lettres de motivation me demandent du temps pour finalement se retrouver perdus au milieu de 200 autres candidatures. Si c'était à refaire, je prendrais plus de temps pour les candidatures spontanées.

 

Comme à peu près tout ceux qui ont été au chômage un jour, j'ai pu constaté ce phénomène très étrange : c'est quand on trouve enfin un travail que les recruteurs nous appellent! Ca a commencé tout juste après que j'ai reçu la réponse pour la mission d'intérim. L'après-midi même, j'avais un coup de fil pour un entretien au Luxembourg. Dans les semaines qui ont suivies, j'ai eu droit à une serie de coup de fil dans le même genre. Etant alors en période d'essai, je ne voulais pas compromettre la suite de ma mission en m'absentant pour aller à des entretiens car mieux vaut tenir que courir! Mais qu'est-ce que c'est frustrant, absurde et ennervant! Pourquoi ne m'avaient-ils pas appellée plus tôt? J'ai passé deux mois à les attendre ces coups de fil, et ils arrivent quand je suis trop occupée pour répondre...

 

Maintenant que ma mission touche à sa fin, je devrais recommencer à chercher du boulot, j'avais déjà prévu un plan de bataille à base de candidatures spontanées. Mais je n'en ai pas besoin...grâce à un de ces coup de fil, celui d'un recruteurs qui ne me voulait pas de suite, mais avec qui j'avais programmé un entretien en janvier.

 

C'est une histoire à rebondissements. Fin octobre, j'ai postulé pour un job d'assitante administrative en CDD. En arrivant à l'entretien on m'a parlé d'un CDI, je me suis dit youpi! Il ne devait y avoir qu'un seul entretien, mais ils ont hésité entre d'autres candidats et moi, alors il y a eu un second entretien. J'attendais la réponse de ce second entretien en début de semaine. Et puis lundi a passé sans que j'ai de nouvelles, puis mardi et mercredi...je me suis dit que c'était foutu, j'étais déjà en train de ruminer sur le nombre d'heures de travail que j'avais manquées pour me rendre à ces entretiens. Et vendredi matin surprise! La recruteuse m'appelle avec une bonne et une mauvaise nouvelle : la mauvaise, c'est que je ne suis pas retenue pour le poste en CDI, la bonne, c'est qu'elle me propose un autre poste, aux tâches assez proches mais moins variées, en CDD de 6 mois.

Et voilà comment je me retrouve avec du travail pour le mois de février!

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